Regard du 24 juin 2010
Anelka, Domenech, équipe de France : défaite et traumatisme

19 juin 2010
Le deuxième match tant attendu pour prétendre à un passage victorieux de l’équipe France a été pour la plus part d’entre nous une source de malaise mal défini, malaise mêlé d’angoisse et de rancœur.
Pourquoi un tel événement a pu subitement être à l’origine de tant de discours et de déchaînement médiatique ?
En entrant dans le domaine de la psychopathologie et en s’arrêtant au chapitre relevant du traumatisme psychique nous pouvons trouver les éléments cliniques qui pourraient expliquer le pourquoi de cette grande tristesse pour certains, de ce déchaînement de colère pour d’autres.
Le 17 juin dernier, la France et les français ont vécu un événement douloureux qui a réveillé un autre événement passé voila près de 70 ans.
L’événement traumatique récent c’est la défaite de l’équipe de France de football, match perdu en Afrique du Sud dans un contexte « d’affrontement » international.
Cet événement récent a refait surgir de l’inconscient collectif des français une autre défaite douloureuse, celle subie par l’armée française face à l’invasion des troupes allemandes lors de la deuxième guerre mondiale.
Mais pourquoi ce réveil pathologique ne s’est pas retrouvé avant lors de matchs perdus joués à l’étranger ?
La réponse peut être la suivante :
Pendant la préparation de l’équipe française à ce deuxième match de la coupe du monde, une autre préparation s’organisait avec la même intensité publicitaire médiatique : « LA COMMEMORATION DE L’APPEL DU 18 JUIN DU GENERAL DE GAULE EN ANGLETERRE ».
Cette commémoration devait rappeler la défaite de la France et la lueur d’espoir pour l’avenir prononcée par le Général De Gaulle qui s’adressait au patriotisme des français, ceux qui n’accepteraient pas la défaite et qui devaient s’engager au côtés du Général pour combattre et gagner la guerre
Ces deux événements, Le match de football de la France du 17 juin et la commémoration de l’Appel du 18 juin allaient créer les ingrédients catalyseurs soit d’un espoir retrouvé soit d’un réveil douloureux du traumatisme de la défaite de 1940.
Malheureusement : Ce fut la défaite qui sanctionna l’équipe France.
Les français subirent alors le réveil douloureux de ce traumatisme psychique collectif mal soigné et toujours présent dans leur inconscient, collectif, la défaite et la déroute des armées française face à un autre pays mieux préparé et mieux motivé et dont le moral des troupes avait été porté au plus haut par leurs dirigeants avides de victoires à n’importe quel prix.
Sans aller jusque là, nos joueurs avaient-ils été très bien préparés et motivés pour ce match de coupe du monde?
Adolphe Choukroun
Docteur en psychologie, Psychologue clinicien