Regard du 24 juin 2010
La Burqua: affrontement de deux inconscients collectifs

(30 mai 2010)
Jacques Myard, député nous disait, le 23 septembre 2008 "qu'aucune prescription culturelle ou religieuse n'autorise quiconque à voiler son visage sur la voie publique..."
Au Sénat, Alima Boumedienne-Thiery déclarait "Des mamans portant un foulard sont ainsi parfois exclues des activités périscolaires ou des réunions de parents d'élèves, et se voient interdire l'accès à l'établissement..."
On croirait que tout est dit à travers ces deux positions. Le problème parait pourtant simple à solutionner. Si l'on pose à un enfant de cinq ou six ans la question de savoir s'il jouerait avec un autre enfant caché sous un voile intégral que répondrait-il à votre avis?
L'expérience thérapeutique et la longue observation des motivations comportementales de personnes issues de cultures différentes, me fait dire que tout dépend du contexte environnemental et familial dans lequel cet enfant baigne.
C'est la culture qui fait le fruit. C'est à dire qu'un enfant issu d'un pays où il a l'habitude de voir très souvent des personnes intégralement voilées, trouvera normal de dialoguer avec ces personnes. En revanche, un enfant élevé dans un milieu occidental où les personnes ne pratiquent pas cette coutume vestimentaire, hésiterait à dialoguer avec des personnes entièrement voilées.
Alors pourquoi tant de difficultés à admettre que, si dans certains endroits du monde le port de la burqua ne pose aucune question sociale, philosophique, politique ou autre, dans d'autres pays comme la France, la Belgique par exemple cela n'est pas seulement envisageable mais devient un problème de société et de droit.
Tout simplement parce que la BURQUA s'est adressée à l'inconscient collectif des occidentaux comme étant le premier maillon d'une chaîne qui allait remettre en cause leur identité propre. L'instinct de survie ne tarde alors pas à se manifester et à forcer la marche vers une protection par la loi.
Du côté de ceux qui veulent affirmer une de leurs coutumes, c'est l'incompréhension guidée par la mise en marche des pulsions de survie provenant de leur inconscient collectif.
C'est dans l'inconscient collectif de chacun que sont enregistrés les mémoires de tout ce qui se transmet de génération en génération. Ce qui est très difficile et long à changer.
Il semblerait que ce soit dans le domaine de la psychologie collective que nous pouvons comprendre ce qui crée le bras de fer opposant les défenseurs inconscients de chaque culture.
Chacun cherchant à imposer ses vérités, gravées dans son inconscient collectif, transmis par leurs maîtres culturels ou religieux.
Aujourd'hui dans l'état actuel du débat et alors qu'une loi commence à pointer à l'horizon, comment vont inter réagir les deux inconscients collectifs formatés par des siècles d'existence de manières tout à fait différentes et même souvent opposées?
Adolphe Choukroun
Docteur en psychologie, Psychologue clinicien